Festival Alors Chante Guitare 2010 @ Montauban – 12.05.2010 au 13.05.2010

4 ans déjà ! 4 ans que je rate LE festival de chansons française… La faute à pas de chance mais cette année j’y suis ! Je vais donc pouvoir partir sur les traces des futurs stars de la chanson et profiter de retrouvailles avec « des vieux de la vieille ». « Alors Chante… » a 25 ans et on lui souhaite donc un bon anniversaire et une longue vie !

Mercredi 12 mai

Bruno Ruiz

Le premier concert aura lieu au théâtre Olympe de Gouge et c’est avec plaisir que je retrouve ce lieu parfaitement adapté à des concerts. Le lieu, très solennel, accueille Bruno Ruiz et son pianiste (qui est aveugle comme je le découvrirai) Alain Bréheret. Chanteur et poète, Bruno Ruiz donnera un concert très strict avec peu d’échange avec le public, un long poème sur son père et une reprise de Ferrat. Malheureusement le peu d’interactivité et le côté très calme n’arriveront pas à attirer ma sympathie… Certainement talentueux, je n’arrive pas à accrocher et espère une meilleure surprise pour la suite…

Bernard Joyet

Celle-ci viendra avec le concert (trop court !) de Bernard Joyet ! Un monsieur plus tout jeune qui a une pêche et un bagout avec son public tout simplement hallucinant ! Très bavard entre les chansons, avec des textes magnifiques et une interprétation très visuelle, il nous fera rire durant les petites 45 minutes de son set avec son acolyte Nathalie Miravette. Talentueuse au piano, elle se mettra le public dans la poche avec une chansons sur une fille un peu… cul-cul voir co-conne. Parolier de Juliette, le rappel sera pour nous l’occasion de découvrir sa version de « Il n’est pas de plaisir superflu ». On s’est régalé et j’ai découvert un grand monsieur de la chanson française qui était, pour moi, resté un peu dans l’ombre.

Karimouche

Direction la grande salle d’Eurythmie pour (enfin !) voir Karimouche sur scène et retrouver Olivia Ruiz. Au vue de la file d’attente, la soirée est un succès et c’est devant une salle comble que Karimouche et ses 2 musiciens vont se produire. Et avec quel talent ! A seulement 3, une chanteuse, un clavier et un human beat-box, le public va en avoir pour son argent. Mélange de… un peu tout, naviguant dans un même morceau entre rap, chanson française et slam. Le radiophonique « P’tit Kawa » pour bien faire monter l’ambiance puis une longue introduction pour le bien nommé « Je parle trop » suffiront à confirmer tout le bien que je pensais de la demoiselle. Chaque intro sera l’occasion d’échange, de pointe d’humour, de mise en situation et c’est agréable de voir un set aussi bien préparé et réussi. Danseuse, actrice, chanteuse, elle nous donnera de tout et seuls quelques effets de voix sur « L’emballage d’origine » me sembleront de trop. Dernier titre avec l’excellent « Raggamuffin » qui nous filera une pêche d’enfer et un ultime rappel… Et bien non ! L’heure c’est l’heure et à la grande déception du public, Karimouche n’aura pas le droit à un dernier titre en anglais… Je comprends l’organisation vue l’heure mais tout de même… Le public était visiblement déçu de ne pas prolonger l’expérience. Il faudra à tout prix que je retourne la voir se produire sur sa tournée.

Olivia Ruiz

Et c’est au tour de la Miss Chocolat, la célèbre femme météore : Olivia Ruiz ! Et le moins que l’on puisse dire c’est que niveau logistique, on atteint le niveau de superproduction américaine ! Un décors de folie : miroir géant sorti tout droit du dernier album, un jeu de lumières grandioses et pas moins de 8 musiciens sur scène ! Des centaines d’instruments et une chanteuse : Olivia ! Décidément très énergique (malgré un voyage récent depuis la Chine pour un concert à l’exposition universelle), elle est devenu une bête de scène et la salle est presque petite vue la débauche de moyens ! Avec 3 albums, le choix des titres est plus difficile mais je suis content de retrouver « Thérapie de groupe » et « J’aime pas l’amour ». Le chanteur de La Varda est venu se joindre au groupe d’Olivia et ce multi-instrumentiste jouera même de l’orgue de barbarie et d’un autre instrument étrange que je n’arrive toujours pas à identifier. Malgré la débauche de moyens, l’énergie d’Olivia, j’ai trouvé le public carrément… mou ! Les tentatives de relances ou de discussions ne prendront pas… Étrange et dommage pour le ressenti. Un final magistral sur « La femme chocolat » et c’est la fin de cette soirée du mercredi.

Jeudi 13 mai

Les découvertes Alors Chante disposent d’une aura et il est toujours intéressant de découvrir de nouveaux groupes car il est certain que la future « star » de la chanson française s’y trouve en plus de nombreuses pépites. C’est donc avec impatience que je rentre dans le Magic Mirrors pour écouter Pascal Lejeune.

Pascal Lejeune

Chanteur canadien ayant une bien jolie carrière mais qui m’était encore totalement inconnu. Chansons à textes, artiste accompagné de 2 musiciens, l’ambiance est studieuse malgré des chansons décalées comme « La ballade du daltonien » ou encore « M. Pierre ». Malgré cela, on a du mal à être emballé… La faute peut-être à un public encore fatigué en ce début d’après-midi…

Zaz

Zaz arrive ensuite mais ce n’est pas une découverte totale car la jeune fille vient tout juste de sortir son premier album et elle a de nombreuses dates déjà planifiées. La petite chanteuse à la voix cassée en impose dès les premiers titres… Je pensais tout simplement que la gagnante des Bravo était là et qu’il n’y aurait aucun mal à voter cette année. « Les passants » ouvre le set et c’est la claque avec sa voix… C’est scandaleux d’avoir une voix pareille ! C’est trop facile de plaire ! Petit bout de femme qui danse, qui sourit et qui est visiblement extrêmement heureuse de jouer pour nous. Parfois un peu utopique dans ses introductions, elle n’en ai que plus attachante et elle enfonce les portes ouvertes avec une telle chaleur que l’on ne peut que l’aimer. Et quand elle commence à faire lever le public sur « Je veux », je reconnais ce titre (où elle joue magnifiquement de la bouche-trompette) ! Passage radio et la totale… Autant pour la découverte du jour… Ce début de concert est parfait, j’adore puis vient un titre écrit par Raphael… « La Fée »… C’est moins percutant… Dommage car la fin du set sera moins impressionnant.

Les Vendeurs d’Enclumes

Dernier groupe aujourd’hui avec les Vendeurs d’Enclumes qui fêtent (déjà) leurs 8 ans d’existence. Entre chanson, théâtre et sketch, on passera la majorité du set à se marrer avec des titres comme « La paresse » et ce personnage qui vieillit de ne rien faire. Le public sera sous le charme d’une chanson revendicative sur les intermittents sous la forme d’un mix improbable de titres de chansons avec interprétation du chanteur tout simplement… hilarant ! L’ambiance me replongera dans les concerts des Blérots avec les cuivres très présents (par exemple sur « Le vin mauvais »). Groupe de scène confirmé c’est spontanément que le public offre la plus belle ovation à ce groupe ! Signe précurseur de victoire peut-être ? C’est tout le mal qu’on leur souhaite pour les remercier du bon moment passé en leur compagnie.(EDIT : Ils ont remporté les Bravo du public et des professionnels !)

Benoît Dorémus

Fin des découvertes et direction le théâtre pour retrouver Benoît Dorémus lors de la soirée « Carte Blanche SACEM ». Seul à la guitare, Benoît est venu défendre son nouvel album « 2020 » qui sort le 26 mai prochain et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il nous tarde ! Des textes bien ficelés, des petites histoires touchantes comme cette fugue ratée dans « Deux pieds dedans » ou encore le très drôle « T’as la loosse » ! Impossible de ne pas jouer « J’écris faux, je chante de la main gauche » et « Rien à te mettre » issu de son premier album. Attachant, presque timide, Benoît se permettra la très risquée blague entre 2 chansons et… c’était réussi ! Pour une fois que l’artiste ne se prend pas un bide et il en profitera pour jouer « Calumet ». M. Dorémus n’est pas venu les mains vides car les chanceux que nous sommes auront pu repartir avec un CD 5 titres « En attendant mon nouvel album ». Il faut découvrir ce chanteur pour qu’il puisse encore se produire sur scène et sortir des albums d’une qualité rare ! En espérant que sa collaboration avec son ami Renan Luce lui permette de toucher un public plus large. C’est en tout cas mon coup de cœur de la journée.

Clarika

Changement d’ambiance et de moyens avec l’arrivée de Clarika ! C’est avec plaisir que je retrouve le groupe sur scène même s’il n’y a évidemment pas de gros changements depuis le mois de février. La setlist reste dans la lignée avec « Moi en mieux »« Tu dors tout le temps » et « Les bavards » en début de set. Chaque intro permet à Clarika de tenter de réveiller un public toujours un peu amorphe et peu participatif ! Dommage ! Peut-être que c’était un peu « violent » pour eux ? Nous en tout cas on adore et c’est avec force que l’on reprend les refrains de « Rien de tel » en fin de concert ! Toujours aussi drôle, toujours aussi énergique, c’est vraiment la tournée de la « marititude » pour Clarika !!!

Raphaël

Arrêt sur la grande scène pour le concert acoustique de Raphaël. Découvert il y a des années lors d’une première partie, je n’avais déjà pas accroché et j’étais surpris par son succès. Du coup j’ai décidé d’y retourner pour voir comme le garçon avait évolué… Et bien c’est de la variété, ça plait aux filles visiblement et moi je me suis ennuyé à mourir… Direction le Magic Mirrors !

Imbert Imbert

Le concert d’Imbert Imbert est commencé depuis un petit moment et j’arrive juste pour assister à son tour de magie et la transformation de la grosse Imbert-Imbert en tout petite Imbert-Imbert. « Bravo des public » et « Bravo des professionnels » en 2007, il est de retour devant un public qui lui aura permis plein de choses depuis 3 ans et le public est venu très nombreux (contrairement à la salle précédente qui n’était pas à pleine capacité). Touchant, parfois cru, Imbert Imbert réussit à surprendre un peu le public mais c’est avec humour qu’il nous fera chanter « Je me touche ». On continuera à le suivre comme nous le faisons depuis 2007 et vous devriez faire de même.

Loïc Lantoine

Fin de soirée avec le grand Loïc Lantoine qui est désormais accompagné de 4 musiciens. Le set n’en sera que plus vivant et on pourra profiter des nouveaux morceaux rodés dans de nombreuses salles. Je redécouvre un artiste aux multiples facettes qui me fera sourire avec l’histoire de ces extra-terrestres qui viendraient nous voir en « pets ». M. Lantoine navigue sur la chanson « hançaise » et en bon capitaine il mène sa carrière de manière admirable. Fidèle à ses idées, à son compère de toujours, et à son style si particulier il n’y a aucun doute que dans quelques années il sera devenu un grand de la chanson. Et c’est avec plaisir qu’il prolongera la soirée bien au-delà de l’heure prévue ! C’était fatiguant mais on ne regrette pas d’avoir raté Mickey 3D (il fallait faire un choix et ces derniers se produisent de nouveau dans la région très bientôt).

Vendredi 14 mai

Petit intermède technique : en arrivant au théâtre pour Eric Toulis et Carmen Maria Vega, nous découvrons que la salle affiche complet et que, comme indiqué sur nos accréditations, nous ne pouvons pas rentrer dans ce cas-là. C’est le jeu ma pov’lucette et on se prépare à manquer ce concert… Sur ce petit tracas débarque un « professionnel » de la presse visiblement agacé qui commence à péter un scandale. Original comme action de menacer des bénévoles de les faire virer ou encore de dire que c’est « du foutage de gueule »… Je laisse le staff gérer le trublion qui commençait à vouloir me prendre à témoin. 30 minutes plus tard je décide de refaire un tour histoire de voir si des places s’étaient libérées pour Carmen Maria Vega… Les bénévoles sont encore là, on sympathise, j’apprends qu’un second « professionnel » a insulté les jeunes filles et qu’aucun des 2 personnages n’a pu rentrer. Et devinez-quoi ? Et bien oui ! Nous avons pu assister au concert grâce à Mélissa, Claire et Philippe !!! Un grand merci à eux ! Fin de l’intermède.

Carmen Maria Vega

La grande gagnante 2009 est donc de retour et le public l’accueille comme il se doit ! Il faut dire que les découvertes comme Carmen sont un peu les protégés du festival. Accompagnée de 3 musiciens (Toma à la batterie est venu rejoindre le groupe), la survoltée Carmen arrive sur scène avec toute son énergie mais sans les cheveux ! Presque la boule à zéro mais le style est resté le même : une tornade ! Max Lavegie, auteur-compositeur, prendra place comme chanteur pour un titre mais aussi comme acteur pour « Mia ». La mise en scène est excellente, les intros sont drôles et la voix de Carmen me scotche toujours autant. On retrouve « La menteuse »« les antidépresseurs » et l’énergique « Hiérarchie » ! On terminera les bras levées en scandant « Les gens sont gentils », fin de concert parfaite pour repartir en positivant.

Aldebert

Aldebert vient fêter ses 10 ans et il n’est pas venu seul : le cirque Plume est avec lui pour cette soirée pour mêler cirque et concert. Une tentative risquée mais c’était sans compter sur leurs talents respectifs ! Aldebert, tout le monde (ou presque) connait et les fans sont bien présents ce soir même si l’on n’a pas affiché complet malheureusement. Le spectacle commence avant même l’heure prévue avec les membres du cirque Plume qui circulent, interpellent et discutent dans le public. Les lumières s’éteignent et c’est parti pour le spectacle ! Et quel spectacle ! Mis en scène par Bernard Kudlak, directeur artistique, le cirque Plume viendra effectuer jonglages, acrobaties et autres performances, le tout en rapport avec les titres d’Aldebert comme sur « La dame aux Camel lights » où une jeune fille dansera accrochée à une branche… Un moment magique et émouvant où Aldebert s’efface pour nous laisser profiter du spectacle. Chaque pose autorise un petit sketch se terminant invariablement pas une réunion. Mais Aldebert ne se contentera pas de chanter, il effectuera quelques acrobaties dont un magnifique saut périlleux avant. Show impressionnant, le public hallucine de voir les figures réalisées devant lui avec en fond sonore encore et toujours les titres d’Aldebert comme « Saint’ nitouche » ou « Carpe Diem ». Plus qu’un concert, l’anniversaire est une putain de claque ! Avant même la fin de cette chronique, je vous ordonne (conseille) de prendre votre place pour le 20 novembre au Zénith de Paris ! Cela faisait plaisir de voir le sourire du groupe, ils prennent leur pied ça se voit et c’est communicatif, on aurait voulu prolonger encore et encore… Nous nous quitterons sur un medley des titres les plus connus entrecoupé par le refrain de « J’ai 10 ans ». J’ai passé ma meilleure soirée du festival et peut-être de l’année ce soir-là ! Merci au groupe et merci au cirque Plume ! La collaboration est une réussite et vivement l’anniversaire des 20 ans pour faire encore plus grand !

Soirée anniversaire

Avant la soirée anniversaire du festival, j’ai le temps de rejoindre Pigalle. Les sièges ont été enlevés évidemment et j’ai pu entendre quelques titres du dernier album : « Il te tape » parlant des hommes violents, « Qui voudrait parler d’elle » ou « Boit du café » ! Toujours impressionnant de découvrir la roue à instruments du monsieur qui ne sait pas jouer 2 titres de suite avec le même instrument… Je ne me lasse pas de voir ce groupe sur scène mais il est déjà temps de rejoindre l’autre salle… C’est avec regret que je laisse le groupe qui joue « Rascal »

Pour ses 25 ans, le festival a proposé aux lauréats des Bravo de venir fêter ça sur scène et on verra se succéder : Imbert-Imbert, Amélie-les-Crayons, Nicolas Jules, Carmen Maria Vega, Manu Galure, Yves Jamait, Presque Oui, Stéphane Balmino, K, Travis Burki, Daniel Hélin, Thierry Romanens… Jolie brochette de talents ! Ce genre de soirée est toujours difficile à réussir : chaque groupe ne jouera qu’une chanson de son répertoire puis une reprise d’un grand nom de la chanson qui aura marqué le festival. Difficile donc de créer une ambiance mais comme nous les connaissons presque tous, on résiste au sommeil et nous ne cédons que vers 1 heure du matin…

Conclusion :

Les retrouvailles avec ce festival se sont donc bien passées et il mérite largement son statut de référence dans le domaine des découvertes ! Le public est difficile et les groupes qui réussissent à charmer le public n’en ont que plus de mérites. Le village autour regorge d’activités avec même un festival OFF (Alors campe) qui aura vu se succéder un bon nombre de groupe. Très bonne initiative que l’on espère voir perdurer les années suivantes. Merci beaucoup aux bénévoles, aux organisateurs et aux « empanadas » de Caminito qui nous auront permis de tenir durant nos 3 jours de présence ! Il ne nous reste plus qu’a attendre de connaître les lauréats des Bravos car nul doute qu’ils feront parler d’eux !

Merci à Patricia et Nathalie ! Merci à Mélissa, Claire et Philippe pour le concert de Carmen Maria Vega ! Merci à Ségo pour mon appareil photo ! Merci à tous les bénévoles ! Merci à Yann !

 

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